L’autopsie en visioconférence fait son entrée au CHU de Montpellier

par Sophie Martos | 07.11.2017

L’unité médicojudiciaire et l’institut médico-légal du CHU de Montpellier ont testé le 6 novembre une autopsie à distance via un système de visioconférence suivie notamment par le parquet général de Montpellier, la police de Rodez et la gendarmerie de Montpellier. Cet « essai grandeur nature et en réel » est une « première européenne », a précisé le CHU par voie de presse.

Ce système innovant doit permettre aux officiers de police de ne pas se déplacer et de réduire ainsi les coûts des transports pour les officiers de police judiciaires mais aussi une réduction des délais de prise en charge. Il permet également par l’enregistrement et le revisionnage la possibilité de solliciter des experts éloignés. « Nous avons besoin d’éviter les longs déplacements d’officiers de la police judiciaire. Parfois ils réalisent plus de 300 km sur la journée pour une autopsie de deux à trois heures », explique au « Quotidien » le Pr Éric Baccino, responsable du département de médecine légale au CHU de Montpellier, à l’initiative de ce projet.

Quelque mois d’attente avant le feu vert

L’idée a germé il y a quelques années lorsque les travaux de rénovation de l’unité médicojudiciaire et l’institut médico-légal ont été effectués.

Les premiers tests ont été concluants, affirme le Pr Baccino. « Techniquement, c’est une bonne première, se félicite-il. Six personnes ont suivi le test. Nous disposons d’une caméra permettant de voir tout le corps mais aussi de zoomer sur une partie en particulier. Nous avons aussi un bras articulé » pour voir avec précision certaines blessures. Une seule salle dispose du matériel. Le département réalise 600 autopsies annuelles.

Il ne reste plus que l’étape réglementaire à franchir pour que ce dispositif soit totalement opérationnel. « Aujourd’hui, ce sont les deux policiers qui font les scellés judiciaires et les photos, il faudrait que ce soit le médecin légiste », poursuit le Pr Baccino, ajoutant que le Procureur général souhaitait simplifier les procédures. Il faudra probablement attendre encore quelques mois.

Source : Lequotidiendumedecin.fr