GHT : se grouper pour mieux soigner

Le Groupement Hospitalier de Territoire

G.H.T., issu de la loi Santé de Marisol TOURAINE est au cœur de la future organisation de l’hôpital public. Raisonner au niveau d’un plus grand territoire plutôt qu’à celui d’un seul établissement. Les 1 100 établissements publics de santé vont se regrouper autour de 200 à 250 Groupements Hospitaliers de Territoire. « C’est une innovation majeure, explique la ministre de la santé. On analyse dans chaque territoire les besoins de la population, et ensuite avec un projet médical commun, on cherche à faire travailler au mieux les hôpitaux de proximité avec l’hôpital de référence. Il ne s’agit pas de faire des économies, mais de proposer au patient, « une prise en charge graduée », avec des établissements de santé de première intention, une permanence des soins, et au dessus de la chaîne, un lieu avec des services de pointe et toute la gamme de radiologie et de biologie nécessaires. » Toutes les spécialités sont concernées : urgences, anesthésie, pédiatrie, gynécologie, radiologie, pneumologie, cardiologie…et vont devoir se réorganiser par une mise en commun de fonctions ou par des transferts d’activités.
Au 1er juillet 2017, le Projet Médical Partagé (PMP) devra avoir été finalisé et comprendre « les principes d’organisation des activités, au sein de chacune des filières, avec leur déclinaison par établissement ».
Une évolution qui implique l’uniformisation des protocoles, des logiciels et touti quanti. Le recours à la télémédecine sera accru entre spécialistes dans un souci de meilleure prise en charge du patient. Quant à l’organisation des services d’Urgences ?? des maternités ?? Faudra t’il créer un pôle territorial d’urgences ? « L’urgence, çà fonctionne dans les deux sens. Quand on dit que chaque patient doit pouvoir être pris en charge en moins de trente minutes, c’est le temps pour se rendre dans un service mais aussi celui maximum que doit mettre le SMUR pour aller jusqu’au patient ». « Bobologie » ou pathologies sérieuses ? comment organiser et orienter les patients sur les bons établissements  sans prendre aucun risque ? mais plus encore, comment inciter le patient à se diriger sur l’établissement le mieux adapté ?
Quant aux praticiens hospitaliers, ils ne veulent pas être mis devant le fait accompli. Qui dit mutualisation des activités, dit en effet mutualisation des ressources, donc mutualisation des équipes médicales avec des effets sur les modalités de leur exercice et du lieu leur exercice. Problèmes de transport, changement des conditions de travail, intégration dans de nouvelles équipes, plusieurs lieux d’exercice et comment gérer les évolutions de carrière ?? « La mobilité géographique va être un enjeu et, pour certains, va entrainer une augmentation de la pénibilité des tâches », s’inquiète le Dr Frédéric MARTINEAU, ancien membre de la commission GHT. Ce qui s’avère périlleux en période de pénurie de médecins…. Pour le Dr Rachel BOCHER, présidente de l’INPH, « la création d’équipes mobiles médicales territoriales doit aller de pair avec une rémunération substantielle fondée sur les missions, mais aussi sur l’éloignement ».Les syndicats sont unanimes : ils ne veulent pas de mutations, ni de recherches d’affectations contre le gré des praticiens.
Il en résulte que la manière de mettre en oeuvre ces pôles sera essentielle pour éviter l’écueil, mortifère pour les GHT, d’équipes médicales surdimensionnées contraintes d’exercer sur plusieurs sites, sans aucune cohérence médicale et sans prise en compte de leur réalité quotidienne. Affaire à suivre ….