La fermeture de la maternité d’Oloron saluée par les médecins libéraux de Nouvelle-Aquitaine

par Anne Bayle-Iniguez 03.11.2017

La récente décision de l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine de transformer la maternité d’Oloron-Sainte-Marie en centre périnatal de proximité, à partir du 20 décembre, satisfait les praticiens libéraux de l’URPS de Nouvelle Aquitaine, qui y voient une décision de « bon sens ». La tutelle régionale a décidé de fermer la maternité de cette petite ville de Pyrénées Atlantiques confrontée à la désertification médicale.

Pour justifier sa décision, l’ARS met en avant « une forte chute de l’activité »« De moins en moins de parturientes du territoire Oloron Haut Béarn choisissent d’accoucher à la maternité d’Oloron (35,5 % en 2015, 31,8 % en 2016), constate la tutelle. Ce sont donc désormais près de 70 % des parturientes du territoire qui préfèrent séjourner dans les maternités de Pau ou Saint Palais. Oloron enregistre […] une chute permanente d’activité : 320 accouchements en 2014, 313 en 2015, 271 en 2016 » et « 145 accouchements au 27 septembre 2017 ».

Échec du recrutement médical

Pour 0,5 % seulement des naissances, la maternité d’Oloron déclare 18 % des événements indésirables graves de la région, soit 36 fois de plus que la moyenne, précise l’ARS. Surtout, le nombre de médecins n’est pas suffisant pour « garantir les conditions de sécurité et de qualité des prises en charge à long terme ». La dernière tentative de recrutement médical, courant septembre, n’a pas porté ses fruits.

Pour les médecins libéraux du cru, cette décision était rendue « nécessaire par la pénurie de praticiens de proximité compétents »« Le nombre d’événements indésirables graves montre que cette décision aurait dû être prise il y a longtemps, gronde le Dr Philippe Arramon-Tucoo, président de l’URPS médecins libéraux et radiologue à Bayonne. On arrive au bout d’un système où il n’est plus nécessaire de maintenir une maternité ouverte dans chaque petite ville. Pour beaucoup, ne pas naître au pays, c’est impensable et je l’entends. Mais il faut redescendre sur terre ! Il y va de la sécurité des femmes enceintes et des nouveau-nés. »

Le médecin s’agace aussi de l’opposition devant les tribunaux des élus locaux à cette décision. « C’est irresponsable », explique-t-il au « Quotidien ».

L’activité de la maternité doit donc se poursuivre jusqu’au 20 décembre. À cette date, le centre périnatal de proximité prendra le relais, en appui de la maternité de Pau, située à 45 minutes de là.

Source : Lequotidiendumedecin.fr