Épuisé, un couple de généraliste de Saône-et-Loire cesse son activité et déplaque

Source :  le généraliste .fr – Camille Roux 11/12/2017

 Medecin floutee

 

Les Drs Mara et Jean-Philippe Burger n’en peuvent plus. Ce couple de généralistes quadragénaires a pris la décision de cesser son activité dans un cabinet de groupe de quatre médecins et deux infirmières à Palinges (Saône-et-Loire), a révélé le Journal de Saône-et-Loire. La cause, une accumulation de facteurs dont la perte du temps médical consacré à chaque patient et une charge administrative devenue trop contraignante. Dans ce village de quelque 2 000 âmes, la fuite des généralistes fait rage : « Depuis que nous nous sommes installés ici, le nombre de généralistes est passé de 26 à 11 médecins sur le secteur », explique le Dr Mara Burger, qui a rejoint son mari en 2013 au sein du cabinet où elle travaille à mi-temps. Lui est installé depuis 2008.

Il y a deux ans, déjà épuisés par des gardes de plus en plus fréquentes sur un secteur géographique de plus en plus étendu, ils décident d’écrire à l’Ordre : c’est fini, ils n’assureront plus la permanence des soins.

Trop de pressions

Aujourd’hui, le couple de jeunes médecins a carrément décidé de déplaquer, la faute aussi à des tâches administratives trop lourdes : « On subit les pressions de la Sécu, on doit rendre des comptes sans arrêt. Les critères de la ROSP sont de plus en plus pointilleux et on a l’impression de ne plus avoir de temps pour nos patients », énumère la généraliste. La relation avec les patients s’est également dégradée. « Ils subissent une pression qu’ils déchargent ensuite sur nous en nous disant « Je veux ça ! ». Le ton monte parfois et ces tensions se sont accentuées au fil des années », confie la généraliste.

Six mois avant de changer de vie

Le couple a prévu de cesser son activité définitivement au 30 juin 2018. Les deux généralistes prévoient de reprendre une activité de remplaçants à l’hôpital« pour retrouver un travail d’équipe et se reconstruire un peu ». À terme, les Dr Burger souhaitent faire de l’humanitaire : « On aime beaucoup voyager pour découvrir de nouvelles manières d’exercer la médecine », envisagent-ils.