73 % des généralistes prêts à déplaquer si les propositions de la Cour des comptes étaient appliquées

Inkedplaque professionnelle medecins nancy liSource le généraliste .fr

Christophe Gattuso

| 19.12.2017

 

La profession rejette unanimement les récentes pistes coercitives exposées par la Cour des comptes pour assurer l’équilibre économique de l’Assurance maladie.

Dans un rapport offensif, les magistrats de la rue Cambon proposaient d’instaurer un conventionnement sélectif des médecins de ville assortie d’une recertification périodique. Ils suggéraient aussi d’encadrer plus strictement les dépassements d’honoraires, de suspendre les augmentations tarifaires des praticiens libéraux en cas de non-respect de l’ONDAM, de revoir l’organisation de la participation à la permanence des soins et d’améliorer la réponse des cabinets aux soins non programmés. « Des plages de consultation sans rendez-vous, qui ont tendance à disparaître, doivent être restaurées », a précisé Antoine Durrleman, président de la 6e chambre de la Cour des comptes, dans un récent entretien au Généraliste, assumant les pistes du rapport dont il est l’auteur principal.

Les médecins libéraux n’ont pas très envie de goûter ce cocktail de mesures radicales. Selon le sondage ouvert en ligne par « Le Généraliste », 73 % des 346 répondants envisageraient de déplaquer si les propositions de la Cour étaient appliquées. 10 % poursuivraient leur activité tandis que 17 % estiment plus difficile de se prononcer.

Forte envie de raccrocher

Certains ont déjà pris leur décision, inéluctable. « Après 43 ans d’exercice à 55 heures hebdomadaire, je raccroche, commente le Dr Jean-Michel R., généraliste à Marcoing qui cherche désespérément un successeur depuis 3 ans. Il y avait déjà le tiers payant obligatoire (qui ressortira en 2018), maintenant les propositions des énarques… »

« Je voulais reprendre la succession de deux collègues qui doivent partir à la retraite, mais je laisse tomber, lui répond le Dr Marcelle M. (Créteil). Trop de tracasseries administratives. »

Les professionnels qui ont apporté leur témoignage sont majoritairement fatalistes à l’instar du Dr Yves M., généraliste à Helfaut (Hauts-de-France) : « C’est pour éviter tout cela que j’ai « raccroché » il y a bientôt 2 ans (avant les 65 ans…), sentant venir toutes ces dispositions qui pourrissaient déjà l’exercice. La médecine générale était pourtant passionnante. »

Déplaquer, la décision n’est pas pourtant pas forcément si facile à prendre, surtout s’il reste quelques années d’exercice à accomplir pour toucher sa retraite à taux plein, modère le Dr Claude L., généraliste à Saint-Médard en Jalles (Nouvelle-Aquitaine).